
Analyse détaillée des différences techniques entre le F-47 et le F-22 Raptor, deux avions de chasse à capacité furtive de générations différentes.
Le programme F-47 suscite une attention croissante dans les milieux aéronautiques et militaires. Conçu comme successeur du F-22 Raptor, l’un des avions de chasse les plus sophistiqués jamais produits, le F-47 incarne une refonte technique de l’approche américaine en matière de supériorité aérienne. Son développement intervient dans un contexte stratégique marqué par la montée en puissance des flottes chinoises et russes, et par les limites croissantes du F-22, dont la ligne de production a été stoppée en 2011 après 187 exemplaires livrés. Les choix industriels opérés autour du F-47 révèlent une volonté de rationalisation des coûts, d’extension de la polyvalence opérationnelle et d’intégration plus fluide aux architectures numériques de combat collaboratif.

Le design structurel de l’avion de chasse F-47 face au F-22 Raptor
Le F-47, selon les premières données diffusées dans les milieux spécialisés, s’inscrit dans une continuité visuelle proche du F-22 mais avec des changements importants sur les matériaux, la voilure et la configuration modulaire. Le fuselage du F-47 adopte une structure composite renforcée par des alliages thermoplastiques à matrice céramique. Cette combinaison réduit le poids de 8 % par rapport au F-22, dont la masse à vide atteint 19 700 kg. Le F-47 descend autour de 18 100 kg.
La voilure, conçue en plan delta évolutif, améliore l’endurance et la portance. Le rayon d’action sans ravitaillement du F-22 est de 2 960 km. Celui du F-47 atteindrait 3 700 km, soit une augmentation de près de 25 %. Ce gain s’explique aussi par une configuration interne optimisée pour loger davantage de carburant dans la cellule, sans pylônes externes.
L’architecture du fuselage vise également à réduire les signatures radar et infrarouge. Le F-22 présente une SER (Surface Équivalente Radar) inférieure à 0,0001 m². Le F-47 bénéficierait de nouvelles techniques d’absorption radar passives intégrées dans les couches structurelles, et non simplement via un revêtement RAM externe, plus fragile et coûteux à entretenir.
L’admission d’air variable du F-22, parfois sujette à des instabilités en haute altitude, est remplacée dans le F-47 par une entrée d’air adaptative à géométrie variable numérique (VAID), couplée à un système de régulation thermique embarqué. Ce dispositif autorise des régimes moteurs plus stables à haute vitesse, sans turbulence d’entrée.
Enfin, la modularité du F-47 facilite son adaptation logistique. Le remplacement de sous-systèmes est désormais réalisable sans démontage majeur. Ce point est capital dans une logique de maintien en condition opérationnelle (MCO) déployée sur théâtre, alors que le F-22 exige un outillage lourd en base arrière.
Les systèmes de propulsion et la gestion énergétique
Le F-22 Raptor utilise deux moteurs Pratt & Whitney F119-PW-100, chacun délivrant une poussée de 156 kN avec postcombustion. Le F-47 passe à une motorisation de nouvelle génération, dérivée des technologies du programme Next Generation Adaptive Propulsion (NGAP). Il s’agit de moteurs à cycle adaptatif trois flux, capables de moduler le débit d’air selon le régime de vol.
La poussée nominale s’élève à 170 kN par moteur, mais avec une consommation réduite de 18 % en croisière subsonique. En configuration furtive, cette baisse de consommation prolonge le temps de mission de 45 minutes supplémentaires en moyenne. Les tests en banc indiquent également une meilleure tenue thermique en régime supersonique prolongé, avec des pics à Mach 2,3 contre Mach 2,25 pour le F-22.
Le F-47 intègre également un système d’énergie distribuée par batteries lithium-céramique haute capacité. Ce système alimente les capteurs, armes à énergie dirigée et contre-mesures sans surcharger le générateur principal. Ce découplage énergétique réduit la vulnérabilité aux interférences électromagnétiques et permet l’utilisation simultanée d’armements de nouvelle génération, notamment un canon laser de 100 kW en prototype d’intégration.
Le refroidissement du système est assuré par un circuit cryogénique embarqué, ce qui constitue une évolution importante par rapport au F-22 dont les systèmes de régulation thermique sont restés sur un modèle de boucle fermée hydraulique.

L’intégration des systèmes de combat collaboratif et de capteurs
Le principal écart opérationnel entre le F-47 et le F-22 réside dans l’architecture numérique. Le F-22 souffre d’une interface partiellement propriétaire, limitant sa connectivité avec les réseaux tactiques modernes. Sa liaison 16 est bridée par des contraintes de bande passante et des incompatibilités avec les architectures C2 ISR interarmées.
Le F-47 repose sur une infrastructure ouverte conforme aux normes OMS (Open Mission Systems). Cette approche autorise l’intégration native de capteurs tiers, de drones en essaims, et de modules de mise à jour logicielle automatisée en vol. Le F-47 peut échanger en temps réel des données de ciblage avec des plateformes au sol, des satellites LEO ou des systèmes de guerre électronique déportés.
Côté capteurs, le F-22 est doté d’un radar AN/APG-77 AESA avec une portée de 240 km contre des cibles aériennes. Le F-47 passe à une version dérivée du AN/APG-85, dont la portée effective dépasse 300 km, avec une résolution en mode SAR doublée. Il dispose également d’un capteur optoélectronique multispectral orientable en nez, capable de désigner une cible à 360° en infrarouge, visible et UV.
Le cockpit du F-47 ne comporte plus d’écrans traditionnels, mais une interface casque HUD 360° couplée à un affichage sur lentille rétinienne, avec reconnaissance gestuelle et vocale. Ce dispositif limite les distractions visuelles et améliore l’engagement multisensoriel simultané.
Le coût industriel et les enjeux doctrinaux associés
Le coût unitaire du F-22 Raptor en fin de production atteignait 180 millions USD (environ 166 millions €). Le F-47 est annoncé avec une cible industrielle comprise entre 140 et 160 millions USD, soit 130 à 148 millions €, malgré des composants plus avancés. Cette baisse relative s’explique par une logique de production modulaire à base d’unités standardisées imprimées en 3D et préassemblées.
Le temps moyen de fabrication d’un F-22 était de 34 mois. Celui du F-47 serait réduit à 19 mois, avec un cycle de maintenance allégé (maintenance de niveau intermédiaire délocalisable sur base avancée).
D’un point de vue doctrinal, le F-47 n’est plus seulement un avion de chasse de supériorité aérienne. Il est conçu comme nœud tactique du combat aérien distribué, avec un rôle de gestion de flotte de drones, de relais de communication de théâtre et de frappe de précision multicapteurs.
Les limites du F-22, notamment en détection latérale, en traitement collaboratif et en coût de maintien en service, sont explicitement ciblées par le F-47. Ce dernier répond aux exigences opérationnelles des conflits asymétriques, des guerres hybrides et des environnements à forte densité électronique, sans s’enfermer dans une mission unique.
Avion-Chasse.fr est un site d’information indépendant.